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Qualité de l'eau : Dermatite

La dermatite du baigneur, des réponses à vos questions... (2004)

par: Richard Châtelain, biologiste, directeur ARLA

En septembre dernier, l'ARLA avait communiqué avec Environnement-Canada pour obtenir des informations plus spécifiques sur le parasite qui est responsable de cette maladie, qui affecte parfois les baigneurs dans plusieurs lacs au Québec, dont le lac Aylmer. Le Dr. David J. Marcogliese, chercheur scientifique au Centre Saint-Laurent a produit, pour répondre à nos questions, un volumineux rapport contenant l'essentiel des connaissances actuelles du monde scientifique sur ce parasite. Il est impossible de présenter dans cet article tout le contenu de ce rapport, mais en voici l'essentiel.

Le parasite responsable

La maladie, dont les symptômes et les traitements sont bien décrits dans une brochure publiée par le Ministère de la santé et des services sociaux, est causée par un schistozome (ver plat) dont le cycle vital doit nécessairement passer par un escargot et un vertébré. 

Son cycle vital

  • Œuf Miracidie (libre)

  • Escargot, longévité max : 24 heures, hôte intermédiaire

  • Vertébré Cercaire (libre)

  • Hôte définitif, longévité max : 24 heures

Ce parasite, dont il existe plusieurs espèces, est présent dans le milieu aquatique de plusieurs plans d'eau de l'Amérique et d'autres continents. À partir de l'œuf, il doit nécessairement passer par un hôte intermédiaire, spécifique à chaque espèce, qui ne peut être qu'un escargot, avant de se transformer en cercaire, forme libre qui nage pour chercher un hôte définitif. Pour compléter son cycle vital, il doit infecter un vertébré, généralement un oiseau aquatique (canard, oie, bernache, cygne), mais aussi certains oiseaux de rivages ou terrestres (grèbes, hérons, pigeons, carouges à épaulettes, mainates, orioles) ou exceptionnellement quelques mammifères(campagnols, rats-musqués). Les canards domestiques peuvent aussi être infectés, mais pour cela, ils doivent avoir été exposés aux cercaires qui vivent dans l'eau, car cette maladie n'est pas contagieuse.

Les facteurs de contamination

La peau des humains a une composition lipidique semblable à celle de certains des hôtes définitifs, et pour cette raison, les cercaires tentent de s'y introduire, même s'ils ne peuvent généralement compléter leur cycle de reproduction dans un mammifère.

Les cercaires émergent surtout au lever du jour et migrent vers la surface de l'eau, où leurs déplacements sont influencés par le vent et les courants. Les jours ensoleillés, le réchauffement de l'eau et la faible profondeur sont aussi des facteurs qui favorisent l'émergence des cercaires.

Détection des parasites

Il existe des méthodes pour détecter la présence et l'abondance des parasites à différentes étapes du cycle vital, mais elles sont complexes, onéreuses et, en conséquence, ne peuvent être utilisées qu'à petite échelle, pour des projets spécifiques.

Mesures de contrôle

Quelques expériences ont démontré l'efficacité d'un produit vermifuge (Praziquantel), administré à des doses précises à certaines espèces de canards pour les débarrasser des parasites, mais sans effet préventif à plus long terme. D'autres mesures visaient à réduire l'abondance des escargots sur de petites surfaces. Les produits chimiques ont été abandonnés en faveur d'un contrôle mécanique, plus efficace, plus économique et avec moins d'impacts environnementaux.

Ainsi, en 2001, un programme de contrôle expérimental a été mis en œuvre au lac Nairne, dans le comté de Charlevoix au Québec pour comparer deux techniques différentes, d'une part la récolte des plantes aquatiques servant d'habitat aux escargots et d'autre part, la récolte mécanique des escargots dans des aires de concentration. Après deux ans, les résultats tendent à démontrer que la destruction d'habitat est plus efficace que la récolte des escargots sur la réduction des populations pour les années subséquentes.

On ne peut cependant présumer des effets à long terme de ces deux mesures, pour le moment. En Colombie Britannique en 2000, on a perturbé l'habitat des escargots à l'aide d'un rotoculteur et d'un râteau mécanique avec comme résultat, une diminution très significative de la concentration d'escargots à court terme.

Au lac Beauport, dans la banlieue de Québec en 1999, colonie localisée d'escargots a été aspirée du fond du lac avec une pompe à succion avec comme résultat, aucune incidence de la dermatite durant tout l'été suivant.

Quelques expériences de contrôle biologique utilisant un autre parasite pour nuire au schistozome, ont donné des résultats non-concluants. Bien que certaines expériences ont donné des résultats encourageants, chaque projet de contrôle doit être approuvé par le MENV, bien planifié et contrôlé afin d'éviter les impacts négatifs sur le milieu ou sur des espèces végétales ou animales qui pourraient être en péril, ou protégées par la loi.

Mesures de prévention

À court terme, les riverains qui veulent se baigner en réduisant les risques d'infection peuvent le faire en se conformant aux mesures de prévention suivantes :

  • Éviter de nourrir les oiseaux aquatiques.

  • Éviter de se baigner aux endroits où l'incidence et l'abondance du parasite sont connues.

  • Appliquer sur la peau, avant la baignade, un insectifuge contenant au moins 7.5% de DEET (N.NDiethylene-m-Toluamide) comme le produit commercialisé sous le nom OFF. L'efficacité de ce produit a été démontrée, surtout lorsqu'en solution avec un lipide (corps gras). Pour de longues expositions, il faut en appliquer aux 30 minutes.

Conclusion

Compte tenu de l'incidence occasionnelle de la dermatite à certains endroits autour du lac Aylmer, l'ARLA continuera à recueillir de l'information sur ce sujet et à chercher des solutions pratiques pour réduire les inconvénients pour les riverains.

Lacs du Québec affectés par les cyanobactéries

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(CEHQ)

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