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Plantes aquatiques : Inventaire

 

Le roseau commun : un nouvel envahisseur des lacs ?

Claude Lavoie, biologiste, Ph.D.

École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional

Université Laval, Québec, Québec, G1V 0A6

claude.lavoie@esad.ulaval.ca

Le roseau commun (en latin : Phragmites australis) est une graminée de grande taille (jusqu’à 5 m) qui est très répandue dans le sud du Québec. C’est une sous-espèce européenne, introduite au Québec vers 1916, qui se propage actuellement très rapidement le long des routes, des rivières et, depuis peu, des berges des lacs de la province. Le Grand lac Saint-François, voisin du lac Aylmer, est probablement à ce jour le lac du Québec le plus envahi par la plante. Même si le roseau envahisseur est présent dans la région depuis au moins 1965, ce n’est qu’à partir du milieu des années 1990 que la plante s’est établie de façon massive sur les berges du lac. On y compte maintenant plus de 350 populations distinctes. Que s’est-il passé pour qu’une invasion d’une telle envergure se produise aussi rapidement ?

Une équipe de biologistes et de géographes a étudié récemment le phénomène. Les étudiantes-chercheures Marie-Claire LeBlanc et Julie Labbé ont récolté, sous la supervision de Claude Lavoie, de François Belzile (tous deux de l’Université Laval) et de Sylvie de Blois (Université McGill), des données sur toutes les populations du lac ainsi que sur celles des routes des environs. Elles ont également analysé l’historique du développement domiciliaire des berges qui a connu une expansion rapide au cours des 20 dernières années. Elles ont enfin intégré toutes les données dans un modèle statistique de manière à expliquer la présence du roseau le long des berges.

Le modèle indique que plus la berge du lac est située près d’une route avec roseau, plus la probabilité d’envahissement augmente. Cela s’explique aisément : le roseau est de plus en plus abondant dans les fossés des routes (bon habitat humide, excellents corridors de dissémination), et un seul plant de roseau peut produire chaque année des centaines de graines. Ces graines se disséminent facilement par le vent et l’eau jusqu’à une distance de 10 km. Or l’équipe de chercheurs a pu le démontrer par des analyses génétiques, ce sont surtout les graines qui propagent la plante, et non des bouts de tige ou de racine, comme le colporte la rumeur populaire. Les données suggèrent aussi que l’important développement domiciliaire qui a eu lieu sur les rives du lac au cours des deux dernières décennies a facilité la germination des graines de roseau. En effet, pour qu’elles germent, les graines doivent se déposer sur un sol nu et humide. Comme la construction d’une maison s’accompagne souvent d’un décapage du sol et de la disparition de la bande riveraine, cela crée des conditions particulièrement propices à l’établissement du roseau par graines.

 

Inventaire des plantes aquatiques du lac Aylmer (2007)

par: Richard Châtelain, biologiste, directeur A.R.L.A.

L'Association des riverains du lac Aylmer inc.(A.R.L.A.) a réalisé durant l'été 2006, un inventaire qualitatif et semi-quantitatif des plantes aquatiques du lac Aylmer et des embouchures de ses principaux tributaires. Cette étude avait été confiée à une étudiante, Andrée-Anne Vézina, qui  détient un diplôme d'études collégiales en techniques du milieu naturel du CEGEP de St-Félicien et un baccalauréat en biologie de l'université du Québec à Rimouski.

L'étude visait à évaluer le niveau d'envahissement du lac Aylmer par les plantes aquatiques, à localiser les secteurs et les espèces problématiques pour pouvoir déceler éventuellement les tendances, et identifier des pistes de solution. De plus, le rapport devait servir d'outil pratique pour permettre aux riverains d'identifier et de mieux connaître les plantes aquatiques dans leur voisinage.

Le rapport contient la localisation et la superficie de tous les herbiers, l'identification des espèces de plantes observées et une mesure de la densité relative de chacune des espèces. De plus, on retrouve en annexe pour chaque espèce, une fiche technique illustrée de photos couleurs, regroupant les principales caractéristiques telles la description, l'habitat et le mode de reproduction. L'inventaire a permis d'identifier et de localiser un total de 31 espèces, dont 15 plantes émergées de rivage, 10 plantes submergées et 6 plantes à feuilles flottantes.

Par rapport à l'ensemble des plans d'eau du Québec, la densité des plantes aquatiques du lac Aylmer peut être considérée comme moyenne, mais quelques sites présentent une densité forte. Compte tenu que l'apport en matières organiques et en éléments nutritifs est la principale cause de prolifération des plantes aquatiques, des efforts particuliers devront être déployés pour réduire ces sources de contamination de façon à freiner la prolifération de ces plantes envahissantes, plus particulièrement dans les sites à densité forte.

L'A.R.L.A. est particulièrement fière d'avoir pu réaliser cette étude scientifique qui contribue à une meilleure connaissance de l'environnement du lac Aylmer pour le bénéfice de ses membres. Ce projet a été rendu possible grâce au financement provenant du programme Carrière-Été, des contributions des membres de l'A.R.L.A., et aussi grâce à l'implication bénévole de trois de ses directeurs, Marielle Dion, Michel Rodrigue et Richard Chatelain.

Cliquez ici pour voir ce rapport: Lac Aylmer - Inventaire des herbiers aquatiques - Été 2006 - Rapport préliminaire - Andrée-Anne Vézina, B.Sc. Biologie  (pdf, 1 Meg)

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