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L’effet protecteur de la
végétation riveraine (2001)
par:
Gaëtan
Vachon,
directeur A.R.L.A.
Nous vous avons déjà entretenu à propos de la
pollution par les fertilisants. Vous vous
souvenez que la fertilisation de vos
plates-bandes, parterres et jardins cause des
problèmes directs au lac parce que ces engrais
correspondent à la même " nourriture " dont ont
besoin les plantes aquatiques ? Chaque
propriétaire riverain devrait bannir l'épandage
des matières fertilisantes. La sécheresse pour
un parterre est plus nocive qu'un manque de
fertilisant.
À
son état naturel, la végétation riveraine offre
une variété d'habitats et protège les eaux peu
profondes du littoral contre le réchauffement.
En plus d'abriter une quantité incroyable
d'organismes, cette végétation forme, avec les
eaux, un tout indissociable propre à un plan
d'eau. Ces organismes servent de nourriture aux
oiseaux de rivage et aux poissons qui, à leur
tour, deviennent des proies pour certaines
espèces d'oiseaux (grand héron, butor, etc.) ou
autres poissons plus gros. Cet équilibre
écologique idéal ne se retrouve que sur une
faible proportion sur le pourtour du lac Aylmer.
L'expansion des pratiques agricoles et de
l'urbanisation directement en marge du lac
Aylmer et de ses tributaires font en sorte que
l'aspect naturel du couvert forestier a disparu.
La détérioration de cette bande riveraine
affecte donc directement la qualité de l'eau et,
par le fait même, en arrivera à restreindre
notre qualité de vie et la valeur à la baisse de
nos propriétés si nous ne sommes pas vigilants.
Il nous faut donc redonner, au plus tôt, un
équilibre à notre lac.
Il
est prouvé par des études scientifiques que la
destruction de l'habitat riverain, autrement
dit, la végétation riveraine, a des effets aussi
marqués que si l'on rejetait certains polluants
directement dans le milieu. Le couvert végétal
sur les rives favorise le captage, en surface,
des particules (contaminants et nutriments) qui
s'écouleraient au lac avec l'eau des
précipitations et de fonte des neiges. Quant aux
racines de cette végétation riveraine, elles
possèdent également un rôle de captage des
nutriments : azote et phosphore, qui migrent
dans le sol en direction du lac. Les racines
possèdent aussi un autre avantage, soit de
consolider le sol en le protégeant de l'érosion
provoquée par les vagues des bateaux et du vent.
Le système racinaire de la strate herbacée est
moins développé que celui des arbres et arbustes
et n'offre pas autant de support et de cohésion
des sols. Ces derniers s'érodent beaucoup plus
facilement lorsqu'il n'y a que de l'herbe.
Si
ces pratiques d'épandage de fertilisants et de
destruction de la bande riveraine n'existaient
qu'à un seul endroit autour du lac, elle ne
seraient néfastes que ponctuellement. Ce n'est
malheureusement pas le cas et, l'effet cumulatif
de cette détérioration riveraine entraîne un
problème environnemental énorme. Pour emprunter
une anecdote d'un animateur connu : " comme
disait si bien Confucius, Mesdames et Messieurs
: si chacun nettoyait son devant de porte, la
rue serait toujours propre. "Nous pouvons
l'appliquer de façon personnelle et
individuelle, en aménageant la rive, en face de
chez soi, en fonction d'y retrouver une bande de
végétation protectrice en plus d'éliminer les
épandages de fertilisants.
Nous ne reviendrons jamais assez sur
l’importance de protéger la végétation
riveraine. Les avantages y sont nombreux tandis
que sa destruction cause préjudice et ce, de
façon très néfaste au Lac Aylmer. Il n'en tient
qu'à nous tous, riverains, de choisir si nous
voulons un lac dégradé ou un lac où il fait bon
vivre. |