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Programme majeur : Renaturalisation et Qualité
de l’eau (2001)
par:
André Bédard,
vice-président ARLA
En
février 2000, les résultats antérieurs
démontrant que la quantité de phosphore du lac
est élevée, l’Association des riverains du lac
Aylmer a décidé d’accentuer ses efforts vers des
actions qui, d’une part, aideront à créer une
barrière végétale près de nos rives par la
plantation d’arbustes, soit le projet :
revégétalisation et d’autre part, par le
prélèvement d’échantillons d’eau de notre lac et
de ses tributaires afin de découvrir les sources
de pollution (phosphore) ou de transport de
sédiments, soit le projet : étude des
tributaires.
Pour réaliser ces actions, l’Association, en
plus de contribuer financièrement en puisant
dans ses réserves, a été obligée de solliciter
l’aide de quelques organismes dont les
municipalités qui ont fourni une somme totale de
$3,500.00. Le programme Placement Carrière-Été
de Développement Ressources Humaines Canada a
aussi soutenu notre projet en défrayant le coût
de deux postes de huit semaines chacun. Une
étudiante a été affectée au projet : qualité de
l’eau : analyse des tributaires, et l’autre
étudiante a été affectée au dossier :
revégétalisation : plantation d’arbustes et
d’herbacées.
Revégétalisation
L’étudiante engagée a rencontré individuellement
tout près de 150 propriétaires afin d’échanger
sur la possibilité de revégétaliser leur rive.
Un plan de réaménagement végétal a été élaboré
et remis aux propriétaires.
Quatre-vingt-dix-huit riverains ont procédé à
l’achat d’arbustes et d’herbacées à planter au
bord de l’eau, ce qui s’est traduit par la
distribution de 9000 plants le 19 août 2000. La
municipalité de Beaulac- Garthby a également
acheté un certain nombre d’arbustes.
Nous avons vendu ces arbustes au prix coûtant.
Les principaux plants achetés par les riverains
furent :myrique baumier, spirée à larges
feuilles, vigne vierge, saule arbustif, iris
versicolore, iris jaune, rosier rugueux, bouleau
à papier et frêne blanc.
Qualité de l’eau - Étude sur les tributaires
Étant donné que notre lac présente des
concentrations élevées en phosphore total, nous
avons tenté d’identifier les sources de ce
problème en faisant les analyses suivantes :
concentration en phosphore total et en MES
(matières en suspension) de l’eau du lac, de ses
tributaires et de leur débit. Le débit des
tributaires a aussi été mesuré.
Pour ce faire, nous avons, pour une première
année, identifié 30 tributaires afin de procéder
à une campagne de prélèvements. Pour chaque
tributaire, nous avons prélevé deux échantillons
pour l’analyse du phosphore et deux autres pour
celles des coliformes fécaux, et ceci, à quatre
périodes différentes durant la saison estivale.
Ces prélèvements ont par la suite, été dirigés
au laboratoire du Dr Yves Prairie de l’UQAM. Ces
deux projets ont donc nécessité, en ressources
humaines et en ressources financières, la
contribution de plusieurs organismes.
Contributions financières et dépenses
Les coûts d’opération reliés à ces deux projets
ont totalisé une somme de $13,286.00, et ceci,
en comptabilisant les dépenses effectuées par
les bénévoles qui ont participé aux campagnes de
prélèvements en fournissant leur voiture, leur
bateau ou leur chalet, et qui se sont déplacés
également pour rencontrer et conseiller les
riverains. À cela, il faut ajouter les 650
heures de bénévolat effectuées par les
directeurs de l’Association des riverains du lac
Aylmer.
-----Nous vous avons déjà entretenu à propos de la
pollution par les fertilisants. Vous vous
souvenez que la fertilisation de vos
plates-bandes, parterres et jardins cause des
problèmes directs au lac parce que ces engrais
correspondent à la même " nourriture " dont ont
besoin les plantes aquatiques ? Chaque
propriétaire riverain devrait bannir l'épandage
des matières fertilisantes. La sécheresse pour
un parterre est plus nocive qu'un manque de
fertilisant.
À
son état naturel, la végétation riveraine offre
une variété d'habitats et protège les eaux peu
profondes du littoral contre le réchauffement.
En plus d'abriter une quantité incroyable
d'organismes, cette végétation forme, avec les
eaux, un tout indissociable propre à un plan
d'eau. Ces organismes servent de nourriture aux
oiseaux de rivage et aux poissons qui, à leur
tour, deviennent des proies pour certaines
espèces d'oiseaux (grand héron, butor, etc.) ou
autres poissons plus gros. Cet équilibre
écologique idéal ne se retrouve que sur une
faible proportion sur le pourtour du lac Aylmer.
L'expansion des pratiques agricoles et de
l'urbanisation directement en marge du lac
Aylmer et de ses tributaires font en sorte que
l'aspect naturel du couvert forestier a disparu.
La détérioration de cette bande riveraine
affecte donc directement la qualité de l'eau et,
par le fait même, en arrivera à restreindre
notre qualité de vie et la valeur à la baisse de
nos propriétés si nous ne sommes pas vigilants.
Il nous faut donc redonner, au plus tôt, un
équilibre à notre lac.
Il
est prouvé par des études scientifiques que la
destruction de l'habitat riverain, autrement
dit, la végétation riveraine, a des effets aussi
marqués que si l'on rejetait certains polluants
directement dans le milieu. Le couvert végétal
sur les rives favorise le captage, en surface,
des particules (contaminants et nutriments) qui
s'écouleraient au lac avec l'eau des
précipitations et de fonte des neiges. Quant aux
racines de cette végétation riveraine, elles
possèdent également un rôle de captage des
nutriments : azote et phosphore, qui migrent
dans le sol en direction du lac. Les racines
possèdent aussi un autre avantage, soit de
consolider le sol en le protégeant de l'érosion
provoquée par les vagues des bateaux et du vent.
Le système racinaire de la strate herbacée est
moins développé que celui des arbres et arbustes
et n'offre pas autant de support et de cohésion
des sols. Ces derniers s'érodent beaucoup plus
facilement lorsqu'il n'y a que de l'herbe.
Si
ces pratiques d'épandage de fertilisants et de
destruction de la bande riveraine n'existaient
qu'à un seul endroit autour du lac, elle ne
seraient néfastes que ponctuellement. Ce n'est
malheureusement pas le cas et, l'effet cumulatif
de cette détérioration riveraine entraîne un
problème environnemental énorme. Pour emprunter
une anecdote d'un animateur connu : " comme
disait si bien Confucius, Mesdames et Messieurs
: si chacun nettoyait son devant de porte, la
rue serait toujours propre. "Nous pouvons
l'appliquer de façon personnelle et
individuelle, en aménageant la rive, en face de
chez soi, en fonction d'y retrouver une bande de
végétation protectrice en plus d'éliminer les
épandages de fertilisants.
Nous ne reviendrons jamais assez sur
l’importance de protéger la végétation
riveraine. Les avantages y sont nombreux tandis
que sa destruction cause préjudice et ce, de
façon très néfaste au Lac Aylmer. Il n'en tient
qu'à nous tous, riverains, de choisir si nous
voulons un lac dégradé ou un lac où il fait bon
vivre. |