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Se passer des pesticides
au bord de l’eau : c’est faisable (2006)
par:
Laurie
Brown, Serres Arc-En-Fleur et Gilles Dufresne,
Directeur ARLA
Chacun sait que la santé d’un lac est
particulièrement vulnérable aux utilisations des
rives qui ne respectent pas l’environnement. La
population grandissante des riverains entraîne
une perturbation importante de l’écologie vitale
grâce à laquelle la régénération des cycles
naturels de la faune et de la flore demeure
possible. Il devient donc prioritaire d’adapter
les pratiques de l’horticulture au bord de l’eau
de manière à préserver cet équilibre fragile
tout en permettant aux usagers de profiter d’un
environnement accueillant et esthétique à l’œil
du riverain.
L’écoulement de pesticides dans le milieu
aquatique est depuis longtemps identifié comme
une source majeure d’atteinte à l’intégrité du
milieu. On sait que même les pesticides dits
« naturels » comme la roténone sont toxiques
pour les poissons et les amphibiens
(grenouilles).
Voici quelques suggestions qui permettent
d’éliminer l’utilisation de pesticides dans les
aménagements riverains.
D’abord, exerçons notre tolérance : on peut
facilement résister à la tentation de reproduire
la ville à la campagne. Essayez d'apprécier la
beauté d'un aménagement plus sauvage. Cela ne
veut pas dire de tout laisser aller. L'étude et
la plantation d'arbustes et vivaces indigènes
attirant les oiseaux et les papillons peuvent
être tout aussi passionnantes que
l'établissement d'une roseraie ou d'une
collection de pivoines.
Respecter l’existence d’une bande riveraine
plantée de végétaux indigènes. L’utilité d’une
telle bande a démontré son efficacité en tant
que filtre et milieu de transition pour la faune
et la flore entre les milieux aquatique et
terrestre.
Si
on tient à implanter une pelouse, on peut
favoriser la bonne santé du gazon par les
pratiques suivantes :
-
ensemencer avec des semences à gazon à
entretien minimum, plus résistant aux
maladies et requérant moins d'engrais : de
tels produits sont maintenant bien
identifiés sur le marché et contiennent des
endophytes (mycorhizes) et du trèfle blanc
-
ne pas tondre plus bas que 10 cm en été et
laisser les résidus de coupe sur le
terrain : un brin d’herbe déchiqueté se
décompose rapidement tout en recyclant ses
matières nutritives
-
aérer le sol : un sol compacté bloque la
croissance du gazon et favorise ainsi
l’implantation de mauvaises herbes plus
tolérantes
-
le gluten de maïs se révèle un anti
germinatif utile sur une pelouse déjà
implantée : il empêche l’implantation et la
reproduction des mauvaises herbes annuelles
et des vivaces semencières
-
l’arrachage à la main des mauvaises herbes
est grandement facilité par les outils
spécialement conçus pour cette application
Pour la plantation d’arbres, d’arbustes et de
vivaces, choisir le type de plante selon
l'ensoleillement, le drainage et le type de sol
de l’endroit que l’on veut aménager. Il existe
des catalogues de plantes rustiques qui se
débrouilleront très bien dans la nature sans
intervention chimique. Évitez les variétés
sensibles aux maladies, aux insectes et aux
limaces. Informez-vous!
Si
malgré tout on subit une infestation, on peut
installer une bande collante autour du tronc
dans le cas d’insectes rampants (chenilles,
perce-oreille, etc. ). On peut tailler ou couper
les branches malades ou porteuses (nid de
chenilles, nodules, chancres ). On favorisera de
même nos alliés naturels que sont les insectes
prédateurs, coccinelles et autres, ainsi que les
oiseaux, les amphibiens et reptiles, grands
consommateurs d’insectes herbivores.
Mais dans tous les cas, il est essentiel d'avoir
un seuil de tolérance plus élevé face aux
dommages et aux processus de contrôle propres
aux cycles naturels des populations, avant de
recourir à des solutions extrêmes.
Bien sûr, un lac c'est beaucoup plus que le plan
d'eau qu'on aperçoit. C'est tout le bassin
versant qui est impliqué dans la qualité de
l’eau qui s’y déverse. Nous devons cependant
prendre conscience que le riverain a des
responsabilités particulières et c’est sans
doute l’exemple du respect qu’il accorde à son
environnement immédiat qui pèsera pour la
mobilisation des intervenants dans le mouvement
de conservation de la ressource. |