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Inventaire de la pollution
d’origine agricole (2002)
par:
Gaëtan
Vachon, directeur ARLA
De
l’amont vers l’aval, s’écoule l’eau du Lac
Aylmer. De l’amont vers l’aval, s’écoule
également tout ce qui y est rejeté, soit des
sédiments, de la matière en suspension, de la
pollution chimique, organique, inorganique et
aussi, des matières nutritives ou fertilisantes
: azote, phosphore et potasse.
Quelle que soit leur source, naturelle
comprenant même du mercure, ou anthropique
incluant les animaux, lorsqu’elles dépassent une
certaine norme, les matières retrouvées dans
l’eau deviennent des éléments polluants. Les
riverains, les agriculteurs et autres
utilisateurs en périphérie du lac se doivent de
réaliser que leur comportement environnemental
peut avoir des conséquences négatives.
La
partie amont du lac comprise à l’intérieur du
bassin-versant immédiat, correspond sensiblement
à une partie de la région administrative
Chaudière- Appalaches. Elle fut inventoriée par
le Service agricole du ministère de
l’Environnement au printemps et à l’été 2001
afin d’obtenir un portrait environnemental des
fermes. Ce recensement fut réalisé dans les
municipalités de Disraeli, Beaulac- Garthby et
Coleraine.
Résultats
Sur les 37 fermes visitées, 16 entreprises se
voyaient attribuer 24 infractions en dérogation
à la Loi sur la qualité de l’environnement et au
Règlement sur la réduction de la pollution
d’origine agricole.
Ces infractions avaient trait principalement à
des entreposages de fumier non conformes et à
des rejets de liquide contaminé. Ceci paraît
énorme mais certaines de ces infractions étaient
considérées comme mineures et, au moment du
rapport final du ministère, quelques-unes
étaient déjà corrigées.
Toutefois, il suffit malheureusement, d’un seul
écoulement majeur à un cours d’eau et le taux de
phosphore du lac vient d’augmenter.
L’épandage du fumier aux champs est bénéfique
pour les terres en culture à cause de la matière
fertilisante qui le compose. Toutefois, à
proximité des cours d’eau ou des lacs comme le
Lac Aylmer, cet épandage apporte au lac une
charge nutritive (principalement en phosphore),
supérieure à sa capacité d’absorption et
contribue directement à l’alimentation et à la
prolifération des plantes aquatiques.
Cette vérification des fermes de la région fut
bénéfique pour tous. Plusieurs agriculteurs
opèrent leur établissement de façon
irréprochable et, pour la majorité des
contrevenants, cette campagne en fut une
également de sensibilisation. Pour plusieurs
agriculteurs en faute, ceci leur a permis de
prendre conscience des répercussions
environnementales d’une gestion inadéquate des
fumiers.
Il
ne faut pas jeter le blâme indûment aux
agriculteurs. Il y va de leur gagne-pain et la
très grande majorité de ceux-ci sont prêts à
modifier leur façon de faire pour composer avec
leur entourage ainsi qu’avec l’environnement.
Bien qu’il existe des subventions pour aider
l’agriculteur à ériger des structures
d’entreposage de fumier, les frais directs sont
importants pour ce dernier et l’échelonnement
des dépenses pour les améliorations peut se
faire sur quelques années.
C’est avec l’aide de vous tous, vos
contributions de toutes sortes, lecteurs du
Bulletin et utilisateurs du Lac Aylmer, que nous
pourrons parvenir à réduire la pollution. |