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Le suivi de la qualité des
eaux du lac (2000)
par:
Jean-Claude
Thibault
L'ARLA, soucieuse de voir clair dans l'état de
santé des eaux du lac, s'est engagée avec le
RAPPEL (Regroupement des associations des lacs
et cours d'eau de la région) dans un programme
de suivi de la qualité des eaux, sur une durée
de cinq ans afin de s'assurer de la valeur
scientifique et significative de ces données.
Voici un bref rappel des données actuelles.
En
1997, c'est l'alarme : malgré un été
exceptionnellement favorable à la protection des
lacs contre des apports massifs de sédiments et
d'éléments nutritifs, nous constatons des
concentrations de phosphore, 20 à 30%
supérieures à celles du Vermont, où des analyses
analogues se font depuis plus de 19 ans.
En
1998, dans des conditions climatiques plus
normales, nous constatons une forte augmentation
du taux de phosphore par rapport à 1997. Ces
données confirment le premier signal : il faut
faire quelque chose !
En
1999, nous nous associons avec une équipe de
chercheurs de l'université du Québec à Montréal,
dirigée par le docteur en limnologie, M. Yves
Prairie. Les universitaires acceptent avec
enthousiasme cette collaboration avec la vaste
équipe de bénévoles du RAPPEL pour la cueillette
des échantillons dont font partie évidemment les
gens de l'ARLA, notamment André Bédard,
Pierre-Yves Boisvert, Jacques et Jeannine
Champagne, Luc Michel, Jacques Gosselin et
Jean-Claude Thibault.
L'équipe de l'UQAM s'est jointe au projet "afin
de caractériser l'état actuel des lacs de la
région mais aussi d'en quantifier l'évolution
temporelle au fil des années. De telles données
sont indispensables à la gestion rationnelle de
nos ressources aquatiques tant pour la
villégiature que pour d'autres fins". Trois
endroits du lac Aylmer furent échantillonnés sur
une base régulière soit la baie Moose à la
sortie de Disraeli vers Stratford, la baie Ward
vis-à-vis Garthby et la baie Bullfrog face aux
Berges du lac.
Voici les principaux résultats de
l'analyse-synthèse du docteur Prairie et du
chargé de dossier à RAPPEL M. Martin Lemmens.

Le
chiffre cité pour chaque facteur est la moyenne
des 3 baies échantillonnées sur une période de 3
ans.
Tout d'abord, notons qu'un lac mésotrophe est
défini comme un lac d'âge mûr (un lac jeune est
dit oligotrophe et vieux eutrophe).
Commentaires généraux du directeur de l'équipe
de l'UQAM, le Dr Prairie :
"En 1991, le lac Aylmer est un lac
mésotrophe démontrant peu de changements
(par rapport aux deux premières années
d'analyse de 1997-1998)."
Un lac mésotrophe comme le lac Aylmer est
"un lac riche en éléments nutritifs (taux de
phosphore élevés), a une transparence
moyenne de son eau (moins de 3 m) et est
généralement dépourvu d'oxygène dans ses
couches d'eau profonde".
De
fait, selon les modèles élaborés par les
chercheurs de l'UQAM, "la teneur observée en
phosphore est 2 fois plus élevée qu'elle ne
l'était à son état original que lors de la
construction du barrage il y a environ 100 ans.
De plus, la couche d'eau profonde du lac subit
une désoxygénation durant l'été mais n'atteint
pas l'anoxie complète". Cet état d'anoxie
(provoquant une sorte d'asphyxie des organismes
vivants en profondeur par manque d'oxygène)
déclenche en général un processus de relargage,
de remise en disponibilité, des phosphores
emmagasinés dans les sédiments du fond.
Douze lacs de la région, dont le lac Aylmer,
présentent ainsi des concentrations en phosphore
total beaucoup plus élevées que celles que nous
devrions y trouver et exigent à ce titre une
attention particulière. C'est pourquoi l'ARLA a
décidé de pousser plus à fond les investigations
en s'inscrivant au programme spécial de suivi de
qualité des eaux du RAPPEL. Sont prévues les
opérations suivantes:
-
Analyse de la concentration en phosphore
total de l'eau du lac et de ses principaux
tributaires (ainsi que leur débit);
-
Identification sur le terrain de la ou des
sources de provenance de cette
surconcentration en phosphore total;
-
Analyse du relargage du phosphore provenant
des sédiments du fond du lac;
-
Autres analyses complémentaires si
nécessaires (telles les coliformes fécaux
près des zones d'exploitation agricoles, les
M.E.S. - matières en suspension - dans les
zones de construction intensive, etc.).
C'est pour ce faire que l'ARLA a demandé et
obtenu une subvention spéciale au programme de
Carrières Été des Ressources humaines du Canada.
Les activités prévues cet été par cette équipe
de 2 chercheurs de l'ARLA sont bien expliquées
dans l'article suivant écrit par l'un des
principaux responsables du dossier, M. André
Bédard. |