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Riverains du
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Restauration : rivière Coulombe

Où sont passés les dorés du ruisseau Coulombe? (2001)

par: Richard Châtelain, biologiste, directeur ARLA

Jadis, le ruisseau Coulombe qui se déverse dans le lac Aylmer dans la municipalité de Beaulac-Garthby, abritait une importante frayère utilisée par le doré jaune pour se reproduire. Des pêcheurs locaux, des propriétaires riverains, des agents de conservation et des biologistes à l'emploi de la Société de la Faune et des Parcs du Québec (FAPAQ) ont tous confirmé l'importance antérieure de cette frayère, soit jusque vers les années 70.

Or, les observations récentes, confirmées par les mêmes témoins, démontrent que la population de dorés jaunes qui utilise le ruisseau Coulombe comme frayère a décliné depuis une trentaine d'années au point où l'activité de pêche sportive dans la baie Ward en aval de son embouchure est devenue pratiquement nulle.

De plus, dans le cadre d'une étude sur la population de dorés jaunes du lac Aylmer réalisée par les biologistes de la FAPAQ à la demande de l'ARLA, des pêches expérimentales ont été effectuées en 2000 et en 2001 dans plusieurs tributaires pour évaluer l'importance des activités du frai et les résultats obtenus à l'embouchure du ruisseau Coulombe pour ces deux années confirment la faiblesse des migrations du fraidans ce cours d'eau.

Bien qu'aucune étude spécifique n'ait porté sur les causes de ce déclin, plusieurs facteurs pourraient y avoir contribué. À titre d'exemple, on rapporte qu'il y aurait eu des travaux de drainage et même de redressement du ruisseau et de ses tributaires ainsi que l'excavation de bancs d'emprunt (gravières) et que ces activités auraient causé une érosion considérable qui aurait contribué à remplir les fosses de sédiments. On soupçonne aussi que la gestion des niveaux d'eau du lac au printemps diminue l'accessibilité aux frayères situées dans le ruisseau. Il est aussi possible que la population de dorés jaunes qui fréquentait jadis cette frayère ait été surexploitée par la pêche sportive et/ou par le braconnage pendant la période d'abondance. Finalement, d'autres facteurs tels la dégradation de la qualité de l'eau, les modifications au débit du ruisseau et la compétition et/ou la prédation par d'autres espèces font aussi partie des hypothèses à analyser.

Pour le moment, compte tenu du peu de données disponibles, il est impossible d'établir un lien de cause à effet entre l'un ou l'autre de ces facteurs et le déclin de l'utilisation de la frayère par le doré jaune. Compte tenu de l'importance de cette frayère pour le maintien et l'amélioration de la qualité de pêche au doré jaune dans le lac Aylmer, et de l'intérêt manifesté par les gens du milieu pour assurer la conservation de ce site et

pour le mettre en valeur à des fins écologiques, récréatives et éventuellement touristiques, l'ARLA a préparé un projet d'étude pour faire la lumière sur cette énigme et a présenté une demande de subvention à la FAPAQ pour l'été 2001. L'ARLA a reçu l'appui du Conseil Régional de l'Environnement Chaudière-Appalaches (CRECA) dans cette démarche.

Si la subvention est accordée, chacun de ces facteurs devra être documenté et l'analyse de ces résultats devrait permettre d'identifier la ou les causes du déclin et conséquemment proposer un plan de travail pour restaurer la frayère. Une réponse est attendue pour la fin de mai.

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