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Restauration du doré jaune
dans la rivière Coulombe (2005)
par:
Richard
Châtelain,
biologiste, directeur
ARLA
Depuis la restauration de la rivière Coulombe
par l'ARLA en 2002, les berges ont été
stabilisées et renaturalisées, les habitats de
fraye du doré jaune ont été aménagés et rendus
accessibles et un programme d'ensemencements de
géniteurs a été mis en œuvre avec l'équipe de
Faune-Québec de la région de
Chaudière-Appalaches pour accélérer la
colonisation des sites de reproduction dans ce
cours d'eau.
Il
s'agit d'un programme qui devrait s'étendre sur
quelques années, qui n'a pas pour objectif
l'augmentation du nombre de dorés dans le lac
Aylmer, mais plutôt la reconstitution du
potentiel reproducteur de cette frayère afin
d'assurer un recrutement annuel suffisant pour
maintenir la qualité de pêche, même s'il
advenait qu'une ou des frayères situées dans
d'autres tributaires du lac Aylmer devenaient
moins productives suite à une perturbation
éventuelle.
Ce
programme consiste à capturer des dorés jaunes
adultes sur une frayère située dans un autre
tributaire du lac Aylmer, la rivière Coleraine,
pendant la période de fraye, et à les
transporter dans la rivière Coulombe afin qu'ils
s'y reproduisent avant de redescendre au lac.
Selon la littérature scientifique récente, il
semble que les géniteurs de dorés jaunes ont
tendance se reproduire dans un cours d'eau où
ils se sont déjà reproduits.
Au
printemps 2003, 2004, et 2005, des bénévoles de
l'ARLA ont collaboré avec l'équipe de
Faune-Québec pour déceler le début de l'activité
de fraye dans la rivière Coleraine, capturer,
étiqueter et transporter les dorés jaunes
adultes pour les ensemencer dans le segment
aménagé de la rivière Coulombe.
Il
est intéressant de noter que lors des
observations effectuées après les ensemencements
dans la rivière Coulombe, des dorés étiquetés
ont été observés en activité de fraye avec
d'autres dorés non-étiquetés qui avaient migré
d'eux-mêmes vers les mêmes sites de
reproduction. C'est un signe encourageant qui
semble démontrer l'efficacité des aménagements
réalisés par l'ARLA dans cette rivière et qui
permettent d'envisager une croissance de la
reproduction naturelle du doré jaune dans cette
rivière pour l'avenir.
De
plus, plusieurs dorés étiquetés ont été capturés
par des pêcheurs et les informations pertinentes
ont été portées à notre connaissance. Bien qu'on
n'ait pas encore assez de données pour tirer des
conclusions scientifiques, on constate quand
même que la majorité de ces recaptures ont été
faites dès le début de la saison de pêche, soit
moins de trois semaines après la relocalisation
et on note une tendance à revenir à proximité du
village de Disraeli, près de l'embouchure de la
rivière Coleraine, où ils avaient été capturés.
Des données plus nombreuses permettront peut
être de confirmer cette tendance et de
comprendre les raisons de ce comportement.
Les étiquettes apposées sur le dos des dorés,
juste en avant de la nageoire dorsale, sont
constituées d'un fil de plastique de couleur,
facilement visible et portant un numéro. Si vous
capturez un doré jaune portant une telle
étiquette, veuillez prendre note du numéro, de
la longueur du poisson, de la date et de
l’endroit de capture et veuillez transmettre ces
renseignements à Faune-Québec ou à l’un des
directeurs de l'ARLA. L'analyse de ces données
permettra de mieux évaluer les résultats de ce
programme et de comprendre le comportement des
géniteurs ainsi relocalisés. |