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Restauration : rivière Maskinongé

Étude de la rivière Maskinongé comme site de reproduction pour les dorés jaunes du lac Aylmer (mai 2007)

par: Michel Rodrigue, directeur ARLA

Les principales frayères connues pour le doré jaune se retrouvent dans les rivières St-François, Coleraine, Coulombe et Maskinongé. Or depuis une trentaine d’années, on constate un déclin important dans la fréquentation de la frayère Maskinongé. 

Comme la pression de la pêche sportive est très forte au lac Aylmer, il devenait vital de restaurer si possible cette rivière en tant que frayère de dorés. Cela impliquait de se renseigner d’abord sur son état avant de considérer un projet d’ensemencement.  L’association des riverains du lac Aylmer inc. (ARLA) a donc mandaté la firme de consultation et d’aménagement faunique Pémesseau Faune afin de réaliser une étude sur  l’évaluation des causes du déclin de l’utilisation de la rivière Maskinongé comme frayère par la population de doré jaune du lac Aylmer. 

Selon toute vraisemblance, l’absence du doré jaune en quantité dans la rivière Maskinongé s’expliquerait par l’activité des Mines Solbec et Cupra au début des années 1960. Les activités industrielles ont modifié considérablement la qualité du site et les dorés qui avaient l’habitude de frayer dans la rivière ont probablement délaissé ce site pour une autre rivière du lac Aylmer. Selon Daniel Nadeau qui est un spécialiste reconnu sur le doré jaune au Québec, il est probable que des résidus de cuivre présent dans l’environnement (sédiment de la rivière), ait retardé le retour du doré dans ce milieu.

Les travaux de restauration des sites Solbec et Cupra ont été effectués au début des années 1990. Selon les informations obtenues tant au niveau du ministère de l’Environnement du Québec que chez Cambior la qualité de l’eau est comparable à celle du milieu environnant. 

Selon les observations effectuées par la firme Pémesseau Faune il semble que peu à peu les dorés du lac aient tendance à revenir graduellement dans la rivière Maskinongé. 

L’habitat de la rivière Maskinongé ainsi que celui de la rivière Elgin sont peu perturbés par l’activité humaine. Les sites de fraye sont d’excellente qualité, notamment à l’embouchure de la rivière Elgin. Dans le secteur inventorié de la rivière Maskinongé, il fut possible de localiser 12 sites  d’habitat propice à la fraye du doré jaune.  Les berges de la rivière sont très stables et peu de zones d’érosion furent observées. 

Les différents paramètres analysés dans le cadre de cette étude semblent démontrer qu’il n’y a aucun problème au niveau de qualité de l’eau au niveau de la protection de la vie aquatique. 

Une activité agricole intense dans les bassins versants d’une rivière peut avoir des effets négatifs sur l’habitat et sur les populations de doré. La présente étude a permis de définir que les berges ainsi que les bandes riveraines étaient pratiquement indemnes. 

L’analyse de l’ensemble des paramètres de la rivière tend à démontrer que le milieu est convenable pour la fraye du doré jaune et qu’aucune activité de restauration de l’habitat ne devrait être entreprise. Il faudrait cependant s’assurer que les propriétaires riverains conservent les bandes riveraines intactes lors des travaux d’aménagement forestier et ou agricole.  

Afin de restaurer une activité de fraye dans la rivière, trois options s’offrent à l’association. Le statu quo, en laissant faire la nature,  l’ensemencement d’œufs oeillés (déjà fécondés) ou l’ensemencement de fretin d’été. 

Au cours des dernières années, dans les efforts de restauration de diverses frayères de dorés, l’emphase a été mise sur l’aquaculture et l’ensemencement de dorés jaunes en stade de vie plus avancés que les œufs oeillés ou les larves. En effet, selon les experts, l’ensemencement de larves de doré jaune n’a donné que peu de retour sur l’investissement et les résultats sont hautement imprévisibles. 

La majorité des fretins présentement ensemencés sont des poissons élevés en étang qui sont déversés en lac au milieu de l’été, Ce type d’ensemencement a donné d’excellents résultats et devrait être celui le plus couramment utilisé.  C’est donc cette option que L’ARLA étudie présentement et envisage de réaliser.

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