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Se passer des pesticides au bord de l’eau : c’est faisable

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par: Laurie Brown, Serres Arc-En-Fleur et Gilles Dufresne, Directeur A.R.L.A.

Chacun sait que la santé d’un lac est particulièrement vulnérable aux utilisations des rives qui ne respectent pas l’environnement. La population grandissante des riverains entraîne une perturbation importante de l’écologie vitale grâce à laquelle la régénération des cycles naturels de la faune et de la flore demeure possible. Il devient donc prioritaire d’adapter les pratiques de l’horticulture au bord de l’eau de manière à préserver cet équilibre fragile tout en permettant aux usagers de profiter d’un environnement accueillant et esthétique à l’œil du riverain.

L’écoulement de pesticides dans le milieu aquatique est depuis longtemps identifié comme une source majeure d’atteinte à l’intégrité du milieu. On sait que même les pesticides dits « naturels » comme la roténone sont toxiques pour les poissons et les amphibiens (grenouilles).

Voici quelques suggestions qui permettent d’éliminer l’utilisation de pesticides dans les aménagements riverains.

D’abord, exerçons notre tolérance : on peut facilement résister à la tentation de reproduire la ville à la campagne. Essayez d'apprécier la beauté d'un aménagement plus sauvage. Cela ne veut pas dire de tout laisser aller. L'étude et la plantation d'arbustes et vivaces indigènes attirant les oiseaux et les papillons peuvent être tout aussi passionnantes que l'établissement d'une roseraie ou d'une collection de pivoines.

Respecter l’existence d’une bande riveraine plantée de végétaux indigènes. L’utilité d’une telle bande a démontré son efficacité en tant que filtre et milieu de transition pour la faune et la flore entre les milieux aquatique et terrestre.

Si on tient à implanter une pelouse, on peut favoriser la bonne santé du gazon par les pratiques suivantes :

  • ensemencer avec des semences à gazon à entretien minimum, plus résistant aux maladies et requérant moins d'engrais : de tels produits sont maintenant bien identifiés sur le marché et contiennent des endophytes (mycorhizes) et du trèfle blanc
  • ne pas tondre plus bas que 10 cm en été et laisser les résidus de coupe sur le terrain : un brin d’herbe déchiqueté se décompose rapidement tout en recyclant ses matières nutritives
  • aérer le sol : un sol compacté bloque la croissance du gazon et favorise ainsi l’implantation de mauvaises herbes plus tolérantes
  • le gluten de maïs se révèle un anti germinatif utile sur une pelouse déjà implantée : il empêche l’implantation et la reproduction des mauvaises herbes annuelles et des vivaces semencières
  • l’arrachage à la main des mauvaises herbes est grandement facilité par les outils spécialement conçus pour cette application
  • Pour la plantation d’arbres, d’arbustes et de vivaces, choisir le type de plante selon l'ensoleillement, le drainage et le type de sol de l’endroit que l’on veut aménager. Il existe des catalogues de plantes rustiques qui se débrouilleront très bien dans la nature sans intervention chimique. Évitez les variétés sensibles aux maladies, aux insectes et aux limaces. Informez-vous!

    Si malgré tout on subit une infestation, on peut installer une bande collante autour du tronc dans le cas d’insectes rampants (chenilles, perce-oreille, etc. ). On peut tailler ou couper les branches malades ou porteuses (nid de chenilles, nodules, chancres ). On favorisera de même nos alliés naturels que sont les insectes prédateurs, coccinelles et autres, ainsi que les oiseaux, les amphibiens et reptiles, grands consommateurs d’insectes herbivores.

    Mais dans tous les cas, il est essentiel d'avoir un seuil de tolérance plus élevé face aux dommages et aux processus de contrôle propres aux cycles naturels des populations, avant de recourir à des solutions extrêmes.

    Bien sûr, un lac c'est beaucoup plus que le plan d'eau qu'on aperçoit. C'est tout le bassin versant qui est impliqué dans la qualité de l’eau qui s’y déverse. Nous devons cependant prendre conscience que le riverain a des responsabilités particulières et c’est sans doute l’exemple du respect qu’il accorde à son environnement immédiat qui pèsera pour la mobilisation des intervenants dans le mouvement de conservation de la ressource.




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